Farncesc Miralles


Aujourd'hui, de nombreux, de très nombreux artistes travaillent sur papier et le fabriquent spécifiquement pour eux. Mais les ouvres de Salvador Alibau présentent une certaine immatérialité. Un artiste fabrique du papier et obtient du papier, alors qu'Alibau fabrique du papier et obtient un reflet, une couleur dont on ne sait pas quel est le support, et où elle commence et termine ; il fabrique un papier et obtient une suggestion de lumière, une suggestion d'un monde qu'on ne retrouve nulle part. C'est la différence entre Alibau et les autres artistes qui fabriquent leur papier. 



Institut Français - Barcelone
La Vanguardia, 23-2-1988 (extrait)





Au sujet de Salvador Alibau, il est indispensable de souligner sa recherche permanente dans le domaine du papier, un support qu'il a utilisé pratiquement de manière exclusive. Cette considération est indispensable car son expérience l'a mené à découvrir de nouvelles utilisations des fibres de cellulose pigmentées et l'élaboration artisanale de différents types de papiers, ainsi que la création de détrempes sur du papier artisanal ; et parce que ces contributions et manipulations déterminent le résultat de l'ouvre.


Même si les celluloses transparentes, les qualités des papiers, les pigments travaillés dans l'eau offrent des suggestions évidentes, ils cèdent la place à des compositions impeccables quant aux couleurs, en général aux tonalités éteintes et douces, avec une poésie subtile et rarement atteinte jusqu'à aujourd'hui. Parce que, pour moi, Alibau est avant tout un créateur de tonalités. Pour cela, il a besoin d'un prétexte, ce qui débouche parfois sur une ouvre gestuelle, une autre fois sur une approche de la nature, et parfois même vers une certaine géométrie.



Musée Molí Paperer, Capellades
La Vanguardia, 8-9-2000 (extrait)